« La COVID 19 ne peut arrêter l’Education !! »: PROMOUVOIR UN FINANCEMENT DURABLE, INNOVANT, SENSIBLE AU DROIT POUR ASSURER L’ACCES A UNE EDUCATION INCLUSIVE ET DE QUALITE EN RDC PENDANT ET APRES COVID-19 »,

La Coalition Nationale de l’Education Pour Tous en République Démocratique du Congo « CONEPT RDC » est un mouvement de la société civile qui promeut et défend l’Education comme Droit humain fondamental. Elle plaide pour une éducation inclusive, gratuite et de qualité pour tous. Elle a un focus sur l’augmentation du financement public et le suivi budgétaire du secteur de l’éducation afin de s’assurer que les ressources sont affectées et utilisées de manière efficiente pour satisfaire les besoins de ceux qui sont les plus touchés dans les milieux reculés et en faveurs des vulnérables.
Notons que pour faire en sorte que l’éducation, dès la petite enfance et à tous les niveaux, soit une priorité nationale, la société civile notamment la CONEPT RDC a créé des partenariats créatifs et a développé une coordination dynamique pour mobiliser le gouvernement. Cette action a été lancée par des groupes d’activistes et défenseurs de l’éducation qui se sont démenés avec des ressources limitées pour sensibiliser le public.
Contexte national de l’éducation
La scolarisation primaire universelle est la première des priorités de la stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation adoptée par le Gouvernement de la RDC en mars 2015. Les politiques orientées vers l’achèvement primaire universel visent aujourd’hui la réduction des disparités au bénéfice des populations les plus éloignées de l’école exigeant ainsi l’augmentation des capacités d’accueil pour en améliorer la qualité au cours de la décennie. Le recensement et le paiement des enseignants ainsi que le paiement des frais de fonctionnement aux bureaux gestionnaires et aux écoles restent des défis majeurs pour progresser en direction de la gratuité de l’éducation de base et favoriser ainsi la fréquentation scolaire des populations les plus pauvres et les plus éloignés. L’accueil des enfants au préscolaire devrait atteindre 15% en 2025 en taux brut contre 4,7% en 2014 dans un contexte où le monde rural accuse beaucoup de retard en la matière. Pour ce qui est de l’éducation non-formelle, il est prévu que les formations de rattrapage scolaire atteignent 175 000 enfants de 9 à 14 ans en 2025 au lieu de 120 000 actuellement. Le bilan de la qualité de l’éducation traduit les faiblesses suivantes : (i) un taux d’achèvement de 70% (2014) au primaire traduisant un niveau de rétention insuffisant pour un pays qui vise la scolarisation universelle ainsi que souligné par les enquêtes EGRA et PASEC. Les deux premières années du primaire, du secondaire et de l’enseignement supérieur regroupent près de la moitié des redoublants et sont les niveaux dans lesquels les abandons sont les plus importants. L’amélioration de la qualité des services éducatifs à tous les niveaux à travers des politiques d’intrants : les manuels scolaires au primaire, les équipements pour les autres niveaux et la formation des enseignants dans tous les sous-secteurs a été adopté comme réponse et commande un financement adéquat. Cette construction politique et programmatique requiert un financement adéquat alors que les fonds publics domestiques pour investir dans l’éducation manquent encore pendant que les besoins sont en nette croissance notamment avec l’expansion de la pandémie à COVID-19 travers le monde et en République Démocratique. Bien que le pays se soit lancé dans le processus de la réouverture progressive des écoles depuis le 10 août 2020, il apert de constater que le coronavirus avait occasionné l’arrêt brutale des enseignements jetant ainsi environ 22 millions d’enfants, adolescents et jeunes en dehors de l’école. Note système éducatif est confrontés à une crise dévastatrice du financement public. On ne sait pas combien d’élèves et étudiants seront en mesure de rentrer en toute sécurité, ou quelle qualité d’apprentissage les écoles pourront leur offrir. Il est aussi à craindre que la pression pour réaffecter des ressources rares aux filets de sécurité sanitaire et sociale contribue à réduire les budgets de l’éducation. A l’échelle mondiale, l’UNECO d’une possible perte des dépenses d’éducation équivalent à 337 milliards des dollars américains soit 5% des dépense totales d’éducation tandis que la Banque mondiale prévoit des réductions encore plus profondes de 10% à l’horizon.
Nous avons besoin d’une volonté politique, des solutions audacieuses et d’une action urgente pour éviter que cette crise sanitaire ne déclenche une calamité éducative qui pourrait affecter les perspectives de vie de toute une génération d’enfants.


Financement public de l’éducation et engagements du Gouvernement

En ce qui concerne la mobilisation des ressources à l’intérieur du pays, devant la communauté internationale à la conférence de reconstitution des fonds du Partenariat Mondial pour l’Education le 2 février 2018 à Dakar, la République Démocratique du Congo s’est engagée d’ici 2020 à : (i) Accroitre à 23,5%, le financement intérieur destiné au secteur de l’éducation ; (ii) Porter à 54 % la part des dépenses courantes allouées à l’enseignement de base. Paradoxalement, entre 2016 et 2018, la part du budget national allouée à l’éducation est passée de 17,62% à 16,75%. Par ailleurs, le gouvernement s’est engagé à allouer 2% de PIB national à l’éducation, loin de 4,5% comme engagé en 2014 et de 6% prônés dans le cadre la mise en oeuvre de l’ODD4. La RDC a reconnu, comme toutes les parties prenantes aux ODD, que l’exécution d’ODD 4 – Éducation 2030 dans son intégralité exigera pour sa part un financement durable, innovant et bien ciblé, ainsi que des modalités de mise en oeuvre efficaces1 … Elle a aussi reconnu que pour inverser la tendance actuelle au sous-financement, des efforts visant à combler le déficit de financement devraient se concentrer d’abord au niveau national dans un premier temps.